Category: Interviews

  • Interview: Hervé Lange, auteur du Secret de Kaïpur

    Le Secret de Kaïpur est probablement l’un des plus gros jeux d’aventure Oric sortis sur cassette. Il n’a pas connu un grand écho à l’époque, mais des années plus tard le soin apporté aux graphismes a retenu l’attention des Oriciens. Et c’est là que l’on découvre que son auteur n’est autre que Hervé Lange, auteur des succès Fer et Flamme sur Amstrad, et B.A.T. sur Atari ST et Amiga. Interview !

    – 8 août 2020 –
    CEO- Bonjour M. Lange. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

    Salut Simon, je m’appelle Hervé Lange. Je suis Français d’origine mais je vis actuellement au Canada où j’ai acquis la double citoyenneté, et je suis le papa heureux de trois enfants. Doué pour le dessin, passionné par les machines, j’ai toujours été intéressé par les possibilités de relier ces deux univers: le jeu vidéo m’est apparu tout naturellement comme un terreau propice d’une part à nourrir ce désir de mariage, et d’autre part pour pouvoir mettre en oeuvre mes propres histoires et réalisations. J’ai donc très tôt eu la chance de développer des histoires interactives et ce dès le début des années 1980 lorsque les micro-ordinateurs sont devenus accessibles au grand public, ce qui fait de moi une sorte de pionnier dans ce domaine. Par la suite, mon histoire est jalonnée de plus de 40 années de projets de jeux vidéo publiés ou abandonnés et d’outils numériques pour aider à la création numérique sur toutes sortes de systèmes, et la passion ne m’a jamais quittée !

    CEO- Quelle est votre histoire informatique, comment avez-vous décidé de vous lancer dans les jeux vidéo ?

    La découverte des micro-ordinateurs pour moi a commencé chez un ami dont le père avait pu se payer un TRS-80 avec lequel nous avons commencé à apprendre le BASIC. Il y a eu aussi le Centre Mondial Informatique à Paris ou j’ai pu m’essayer sur des ordinateurs Goupil ou Apple II en BASIC et en Logo. Puis en 1982 mes parents ont acheté un Oric 1 a mon frère que j’ai pu récupérer. J’ai rapidement commencé à coder des petits jeux par exemple pour amuser ma grande soeur. Mes programmes grossissaient et j’avais besoin d’une imprimante, alors je me suis rendu au magasin Vismo à Paris ou j’ai rencontré Philippe Derambure qui montait sa boite de jeux vidéo France Logiciel. Il cherchait des programmes de jeu et le courant a passé de suite dès qu’il m’a fait une ristourne sur le prix de l’imprimante :-), bref et je lui ai dit que je reviendrai avec un jeu en septembre sans savoir dans quoi je m’engageais. J’ai travaillé comme un fou pendant mes vacances scolaires sur ce programme: c’était le Secret de Kaïpur! De septembre à décembre 1984 j’ai terminé le programme avec l’aide de Philippe pour le publier.

    Jaquette du Secret de Kaïpur

    CEO- Outre « Le Secret de Kaïpur » qui nous a permis d’entrer en contact, êtes-vous l’auteur d’autres programmes sur Oric ?

    Ce jeu fut mon seul programme commercial sur Oric. J’adorai l’Atmos mais Philippe ayant fleuré l’ascension inéluctable de l’Amstrad CPC, il m’a procuré un 464 en me commandant un nouveau jeu pour cette machine et au plus vite – ce fut mon second jeu commercial: Le Bagne de Nepharia. A noter que Nepharia avait été pensé pour que je puisse le porter sur l’Atmos mais comme l’Oric déclinait, c’est malheureusement tombé à l’eau car France Logiciel ne pouvait pas engager des frais de duplication sans une garantie minimum de revenus.

    CEO- Même des programmes non commercialisés ?

    Pour des programmes non commerciaux, je me rappelle par exemple d’un programme de visualisation de la navette spatiale (genre CAO) et ou l’on pouvait faire apparaître ou animer vectoriellement différentes parties de la navette en appuyant sur différentes touches du clavier de l’Oric. J’avais aussi écrit un petit jeu d’arcade du doux nom de “Ant eater” ou le joueur incarnait une petite fourmi noire devant traverser des lignes de fourmis rouges voraces, un peu a la Froggy.

    CEO- Pouvez-vous nous raconter la genèse du Secret de Kaïpur ?

    Lorsque j’ai rencontré Philippe, j’avais déjà en tête l’idée de faire un jeu d’aventure qui s’inspirait des romans noirs. Mais les influences sont venues d’une part du film Indiana Jones et d’autre part du jeu Time Zone sur Apple II, et donc de combiner un aventurier au chapeau et des voyages dans le temps. D’ailleurs cette idée de voyage dans le temps a sûrement contribuée à la grosseur du jeu: c’était plusieurs jeux d’aventure pour chacune des époques qu’il fallait réaliser !

    CEO- Le jeu est crédité Hervé et Thierry Lange. Quelle a été la part de chacun ?

    Thierry m’a principalement aidé pour le texte du manuel; c’est moi qui ai conçu seul le jeu, le programme et réalisé tous les graphismes. Mais j’utilisais sa machine, alors en bon grand frère il m’avait donné un bon coup de pouce !

    CEO- Comment avez-vous conçu les superbes écrans graphiques, depuis l’idée jusqu’à leur concrétisation sur l’Oric ?

    Je faisais beaucoup d’esquisses au crayon puis directement en programmant les dessins un à un en BASIC, ligne après ligne! Mon choix de faire du vectoriel me permettait cependant de combiner des sous-routines du programme pour composer des scènes (par exemple avec les poses du héros), et en fonction également des interactions précédentes (objets pris ou pas, etc.), et l’utilisation mémoire mais probablement au détriment de la vitesse d’affichage. A noter que chez moi je ne disposais que d’une vieille télévision noir et blanc qui me faisait office de moniteur, et que c’est chez Philippe que j’ai pu disposer d’une télévision couleur pour ajouter un peu de couleur à mes dessins.

    CEO- Avez-vous souvenir de difficultés ou d’anecdotes particulières liées à la création du jeu ?

    Je me rappelle que l’Atmos est sorti alors que les cassettes venaient juste d’être dupliquées, et qu’il a donc fallu adapter le manuel pour régler un petite problème de compatibilité, heureusement réglable en écrivant un petit programme avant de lancer le jeu. C’est assez cocasse et ca montre bien le côté amateur de l’époque: vous vous imaginez maintenant devoir taper un petit programme avant de lancer un jeu !

    CEO- Comment avez-vous réussi à l’époque à faire éditer le jeu ? France Logiciel a-t-elle publié d’autres jeux Oric ?

    Une autre petite anecdote est que quand j’ai rencontré Philippe a Vismo, il a sorti son calepin pour prendre mon adresse et m’a montré les dizaines de jeux que des développeurs amateurs comme moi lui avaient promis, il y avait apparemment pas mal de compétition! En septembre on s’est revus dans une cafétéria (mon premier rendez-vous d’affaire !) et je lui avais amené le gros listing du jeu, pour lui montrer que j’avais fait le travail et fait bon usage de son imprimante. Philippe était super content car j’étais en fait le seul de son calepin à être revenu avec quelque chose, et il avait un programme de jeu à publier ! France Logiciel n’a publié que deux programmes Oric: le mien et un quizz de cinéma si je me rappelle bien, Philippe s’en rappellerait surement mieux.

    CEO- Combien de temps aura duré le développement du Secret de Kaïpur ?

    Le développement s’est étalé sur cinq mois de juillet à novembre 1984: deux mois à plein temps pendant les vacances scolaires où 80% du jeu a été écrit, puis les week-ends et les soirées pendant les trois mois restant vu que j’étais toujours étudiant – donc je dirais un gros trois mois à temps plein.

    CEO- Avez-vous conscience d’avoir écrit ce qui reste sans doute le plus imposant jeu cassette sur Oric ? (216Ko !)

    Pas du tout, c’est toi Simon qui me l’apprends !

    CEO- Le jeu a-t-il connu un grand succès, ou du moins le succès escompté ? (une idée du nombre d’exemplaires produits et vendus ?)

    Pas vraiment de succès mais France Logiciels était une petite structure et ne pouvait même pas se payer un petit encart de publicité dans les magazines de l’époque. Alors on comptait sur le bouche à oreille. Le Secret de Kaïpur s’est vendu à plusieurs centaines d’exemplaires, mais moi j’étais très content car je pouvais enfin me payer un moniteur couleur pour mes prochains jeux, et montrer a mes parents que mes nombreuses heures passées sur l’Oric produisaient quelque chose de tangible!

    CEO- Avez-vous eu des retours de joueurs à l’époque ?

    Pas du tout, on avait très peu d’informations une fois le jeu sorti, et c’est vrai même plus tard pour mes jeux CPC (à part les articles de presse bien sûr). Paradoxalement d’ailleurs et des décennies plus tard grâce à l’internet, j’ai plus de retours avec les retrogamers qui me posent des questions et me livrent leurs impressions!

    CEO- Avez-vous été ennuyé à l’époque par des problèmes de fiabilité des cassettes ? Aviez-vous envisagé une version sur disquette ?

    Oui souvent et c’était toujours un risque, et il me semble que l’on avait essayé divers types de magnétophones et de marques de cassettes pour trouver ce qui donnerait une garantie plus fiable à chaque sauvegarde. Il y avait une blague que Philippe faisait genre “t’es sûr que tu as bien enregistré avant que j’éteigne le bouzin ?”, ce à quoi je répondais “oui, oui c’est fait !”, et Philippe de dire: “ré-enregistre une fois de plus dessus, histoire que les bits soient bien bien incrustés…”, c’était récurrent et on en riait. On travaillait de chez nous et ma hantise c’était la panne d’électricité avant que le programme ne soit enregistré (on enregistrait peu car celà prenait du temps). Une fois à la campagne, ça m’est arrivé: une coupure de courant très brève qui avait avait laissé mon programme visible sur l’écran mais je ne pouvais plus rien sauvegarder – l’enfer – j’ai dû recopier ce que je voyais sur des feuilles de papier avant de redémarrer l’Oric et de retaper le programme en entier! A la fin du développement, Philippe avait acheté un lecteur de disquette Jasmin pour l’Atmos si je me rappelle bien, mais nous n’avons jamais envisagé de vendre le jeu sur disquette car peu de gens en avaient un.

    CEO- Le jeu contient quelques fautes d’orthographe (“Mommie”, “Jetter”). Est-ce qu’une version corrigée a existé ? (comme pour “Le Mystère de Kikekankoi” par exemple)

    Non pas de version corrigée à ma connaissance! D’ailleurs si j’avais pu faire ces correctifs, j’aurais sûrement voulu trouver un moyen d’ajouter des accents.

    CEO- Vous souvenez-vous de la logique de déplacement dans le Secret de Kaïpur, assez déroutante, où faire “nord” puis “sud” vous ramène parfois dans un lieu différent ?

    Je me rappelle que le jeu a été critiqué pour ça. En fait je pense que c’est mon erreur qui a mélangé certaines fois directions cardinales et directions relatives au personnage lors du codage du jeu, probablement pour réconcilier des incohérences de carte et de graphisme. A l’époque, on n’avait pas de testeurs, et donc la famille ou des copains curieux testaient les jeux sans oser contredire la logique parfois tordue de son créateur 🙂 Bref ce n’était sûrement pas le meilleur service de test !

    CEO- Pouvez-vous nous décrire un peu la société France Logiciel ? Y avait-il des salariés, des locaux ?

    Une toute petite compagnie, pas de locaux au départ et juste Philippe qui de son domicile s’occupait un peu de tout mais je crois était aidé par sa femme côté gestion financière. Des copains pour aider comme le dessin des jaquettes.

    CEO- Avez-vous gardé des contacts avec d’autres auteurs sur Oric ou avec des dirigeants de sociétés ?

    Pas sur la période Oric, mais plus mes anciens compagnons de Computer’s Dream avec qui nous avons fait les jeux BAT ou les anciens d’Haïku Studio. Sur Oric je me rappelle que j’avais rencontré avec bonheur Patrice Guerlais, l’auteur de l’excellent Lorigraph mais je ne l’ai pas revu depuis!

    CEO- Utilisez-vous encore un Oric (ou émulateur) de temps en temps, ou avez-vous tourné la page depuis longtemps ?

    J’ai un Oric 1, un Atmos et de nombreux jeux y compris des originaux mais j’ai perdu les câbles alors je ne peux plus les utiliser. J’ai le projet bien sûr de récupérer des câbles pour les refaire tourner et montrer ça aux enfants lorsque je trouverai un peu de temps libre pour ca!

    CEO- Gardez-vous un souvenir particulier de cette machine ?

    En réalité je n’étais pas super fan de l’Oric 1 avec ses 16 KB et son clavier de calculatrice. Quand l’Atmos est apparu disposant de plus de mémoire et surtout d’un clavier mécanique plus ergonomique à mon goût, je l’ai tout de suite adopté en espérant que tout le monde allait passer à ce modèle! Il y avait tout de même beaucoup de limitations sur ces petits 8-bits (pas uniquement l’Oric) comme le colour-clash de 8 pixels, mais comme c’est sur ces machines que j’ai réalisé mes premiers programmes, elles ont une place toute particulière dans mon coeur.

    CEO- Quel regard portez-vous aujourd’hui sur cette période ?

    C’était une période bénie de création ou l’on devait tout débroussailler ce qui nous donnait des opportunités d’innovation inouïe! On était les premiers auteurs d’un monde nouveau et on voulait juste faire des jeux, éventuellement gagner un peu d’argent pour pouvoir toujours continuer. Par ailleurs, la limitation des machines poussait les créateurs vers l’abstraction, le pixel-art, ce qui a produit selon mon opinion une diversité de styles riche et amusante… Loin des canons photoréalistes modernes.

    CEO- Avez-vous des réticences sur la diffusion (gratuite bien sûr) de vos softs Oric par le Club Europe Oric, ou sur Internet ?

    Aucune réticence, je suis plutôt flatté que vous portiez encore un peu d’intérêt à mon premier jeu commercial, alors c’est plutôt un grand merci à vous le Club Oric!

    CEO- Vos armoires renferment-elles des softs non diffusés, des sources, des cassettes oubliées, des photos de l’époque ?

    Peu de choses de l’époque Oric, mais un peu plus d’archives et des versions bêta de jeux non publiés par exemple sur PC CD-ROM de l’époque Haïku Studio. J’ai tout de même un original du Secret de Kaïpur, comme de mes autres jeux.

    CEO- Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre parcours depuis ? Vous êtes célèbre notamment pour le jeu B.A.T.

    Par la suite j’ai réalisé plusieurs jeux sur Amstrad, Atari ST et Amiga sous le label Ubi Soft, dont les plus connus sont les RPG “Fer & Flamme” sur CPC et les jeux B.A.T. sur Atari et Amiga. En 1993 j’ai été cofondateur du studio Haiku Studio où nous avons produit des jeux sur PC et consoles pour différents éditeurs internationaux, avant sa fermeture en 1997. Puis j’ai travaillé sur différents projets innovateurs de storyboarder 3D exploitant les techniques plus accessibles du jeux vidéo pour le film, notamment pour la société Duran Duboi, puis en collaboration avec le réalisateur Marc Caro. Je suis revenu aux jeux vidéo lors de mon installation au Canada pour le compte de la société Behaviour Interactive où j’ai participé à la mise en oeuvre de jeux consoles et de jeux en ligne MMO, mobile et Facebook. En 2006 j’ai co-fondé xtranormal.com, une start-up de storytelling en ligne qui n’a pas résistée à la crise de 2008. Finalement je travaille depuis plusieurs années pour la société Autodesk sur des outils de modélisation et d’animation 3D pour les jeux et les films.

    CEO- Quelle période de votre carrière vous a rendu le plus heureux, ou vous rend aujourd’hui le plus nostalgique ?

    S’il faut n’en choisir qu’une c’est assurément la période juste après BAT1 où je n’avais plus d’obligations (plus d’école, plus d’armée) et je pouvais me consacrer à 100% sur mes créations. L’équipe de BAT venait de fonder un petit label du nom de Computer’s dream soutenu par Ubi soft, et je découvrais l’Amiga qui fût sans aucun doute la machine que j’ai préféré programmer toutes périodes confondues. On travaillait sur un nouveau jeu très original du nom de Xanathan pour l’Amiga, dont les premiers prototypes étaient superbes, et je commençais à implémenter des routines d’IA bien plus complexes, et ce pendant qu’une autre équipe développait BAT2 a partir de mon game design. Ce fût de courte durée et nous avons dû abandonner Xanathan à la demande d’Ubi pour nous porter au secours de BAT2 qui n’avançait pas.

    Cette photo résume très bien cette période:

    CEO- A quels hobbies vous consacrez-vous aujourd’hui ?

    Lorsque mes enfants me donnent un peu de temps, je continue à expérimenter de nouvelles techniques en faisant des petits programmes et surtout sur ce qui permettrait de résoudre la quadrature du cercle entre gameplay et storytelling. Comme dit précédemment, la passion ne m’a jamais quittée!

    CEO- Avez-vous des projets actuels dont vous souhaiteriez dire un mot ?

    Oui mais c’est trop tôt pour en parler 🙂 disons que je mets toujours un point d’honneur à finir ce que j’ai commencé et qu’il y a certains chantiers que j’aimerai bien boucler avant de n’en être vraiment plus capable!

    CEO- Quelque chose de particulier à ajouter ?

    J’aimerais en profiter pour remercier tous les retrogamers qui par passion continuent à faire vivre ou revivre nos vieilles machines et leurs logiciels. Bravo et chapeau bas a vous tous!

    Fin de l’interview.
    Un grand merci à Hervé, qui malgré ses nombreuses activités a pris le temps de répondre à nos questions !

  • Daniel Crespo aka Dancresp, le collectionneur programmeur

    Nombre d’entre nous ont une petite collection d’ordinateurs, de consoles (enfin, ceux qui ont de la place car cela est plus encombrant que de collectionner les timbres). Si Fabrizio (l’auteur de Cross Shoot et de Cross-Chase) a choisi de porter son cross-développement une quantité impressionnante de machines, Dan porte ses créations sur quelques illustres ordinateurs qu’il affectionne particulièrement ZX Spectrum, MSX et bien sûr l’Oric

    Les années passent et il faut regarder vers l’avenir, mais faisons d’abord un petit tour dans le passé.

    Mon penchant pour l’informatique et les jeux vidéo a commencé à naître voici près de 35 ans, et depuis lors, j’ai formé des équipes, peu nombreuses et avec beaucoup d’efforts au début, mais c’est désormais plus facile.

    Début 2016, j’ai fait le point de mes priorités et de mes objectifs afin de coordonner mes actions et mes envies. Heureusement pour moi, ma passion pour ce monde informatique rétro est immense et j’ai résisté à l’envie de faire une crise et “tout laisser tomber”, J’ai donc repensé ce que je faisais et mes objectifs.

    Pour planter le décor, j’avais :

    • Environ 130 consoles, avec ou sans écran. À l’exception de deux ou trois, elles fonctionnent toutes. Incroyable !
    • Environ 100 ordinateurs et calculatrices programmables. À l’exception de deux ou trois, ils fonctionnent tous. Incroyable !!
    • Environ 160 portables, de type LCD, LED ou LSI. Sauf 3, ils fonctionnent tous. Incroyable, si si si …
    • Environ 1500 cartouches, CD et DVD d’origine. Rien ne manque ici !
    Les Game & Watch de la collection de Dan
    En sus des consoles et accessoires rétro, Dan possède plusieurs clones modernes
    Bien sûr, l’Oric est en bonne place dans sa collection

    Il n’est pas nécessaire de réfléchir beaucoup pour se rendre compte que, mis à part l’espace qu’ils occupent (j’ai la chance de ne pas souffrir de ce problème), il arrive un moment où l’on doit consacrer périodiquement du temps à les faire fonctionner un moment ou à régler de petits incidents qu’ils ont, cela me prend plus de temps que je ne le souhaite. (NDLR : La rénovation de nos micros passe bien souvent par le changement des condensateurs, l’un des organes les plus fragiles face au temps et de sus destructeur des circuits imprimés. Fort heureusement, l’Oric est peu sensible à ces phénomènes)

    Quelques-uns de ces équipements m’ont accompagné pendant une grande partie de ma vie et pour moi, leur valeur est tout simplement incalculable. Il en va ainsi pour mon ZX-81, mon Sony MSX HP-20P ou bien sûr à ma Game & Watch “Turtle Bridge” de Nintendo, ma Green House, mon Pong ou à mon Atari 2600. Et ils fonctionnent tous parfaitement.

    Autour de ce noyau informatique, beaucoup d’autres ordinateurs sont venus plus tard, certains massivement et parfois presque de manière compulsive. Certains m’ont offert de bons moments, d’autres ont été à peine utilisés. Cela m’a fait me demander s’il était nécessaire de les conserver, en particulier lorsque j’ai commencé à détecter, notamment avec les Game & Watch possédant un écran LCD, des défaillances irréparables.
    Ne nous leurrons pas, le reste, tôt ou tard, cessera de fonctionner.

    Gagner du temps avant que ces appareils finissent par se dégrader … Allez, merde ! J’aurais peut être mieux fait de collectionner des timbres.

    Qu’allons nous faire ?
    Comme je suis un homme de nature plutôt inquiète et que j’essaie de résoudre mes problèmes … j’ai lancé une série d’actions.

    Émulation

    Bien qu’au début, j’étais réticent, j’ai fini par y prendre goût. Ce n’est pas la même chose d’utiliser un émulateur sous MS-DOS ou sous Windows, et j’ai passé un bon moment à rechercher, obtenir et organiser des émulateurs de plus de 100 ordinateurs, pour la plupart des consoles, des systèmes portables et des différents systèmes d’exploitation.

    Ainsi, si certains équipements tombent en panne, je peux continuer à en profiter … A l’exception de l’Oric 1 et du ZX-81, tous les développements réalisés ont été programmés sur la plateforme d’origine. Jamais sur un émulateur ou avec des outils modernes de développement.

    Mon objectif principal est d’optimiser au maximum le BASIC de ces ordinateurs, en développant des jeux ou des applications avec une ergonomie professionnelle et une grande fluidité.
    La clé est de simplifier et de déboguer le code, en appliquant des techniques que j’ai développé et en expérimentant. Grâce à cela, les jeux comportent très peu de lignes, mais ils sont ludiques et rapides.

    Archéologie Rétro-Informatique

    Comme vous l’avez peut-être vu avec certains de mes articles consacrés aux équipements rétro-rétro (NDLR : Daniel est très actif sur www.retrowiki.es), de type IBM 1401, Kenbak-1, Programma-101 et les équipements Orao, Acorn System-1 ou Apple-1, j’adore obtenir des émulateurs de ces machines antiques (ou d’autres machines équivalentes) et rechercher sur Internet des documents permettant de produire quelque chose avec ces ordinateurs.

    Mes projets de Flow-matic, Math-Matic, Dartmouth Basic et les émulateurs de Kenbak-1 et Programma-101 ont été mes expériences les plus enrichissantes de ces dernières années. Il m’a fallu beaucoup explorer, faire des recherches et il faudra encore beaucoup d’explorations et de découvertes. Heureusement, grâce à Internet, cela ne coûte pas cher.

    Hardware

    A de très rares exceptions, je n’achète rien d’autre que des ordinateurs de plus de 20 ou 30 ans. Ainsi, je pense acheter un Apple II qui manque terriblement à ma collection.

    Au niveau des jeux vidéo, j’ai récupéré de nouvelles cartouches pour Megadrive, Atari 2600, Atari 7800, CBS Colecovision, et des cartouches de jeu Intellivision. J’ai également des consoles multi-systèmes telles que la Retron 3 ou la Game Box. Je les ai utilisées et j’en suis ravi.

    Je suis également de près les nouveaux équipements de type Spectrum Harlequin, basé sur FPGA, ou d’autres Raspberry et Arduino, entre autres.

    Réduire le stock de machines, d’interfaces et autres matériels

    C’est la partie la plus complexe.

    Après de nombreuses années à accumuler du matériel, du temps s’est écoulé et j’en ai conclu que la satisfaction que cette accumulation m’avait procurée dans le passé ne me satisfaisait plus.
    Donc, une partie de ma collection a été progressivement mise en vente, et je continuerais de la rationaliser ensuite

    Que personne ne se frotte les mains ni ne regarde le niveau de son compte en banque, car en principe je vais me débarrasser de tout le matériel dont je dispose, à l’exception du Spectrum, du ZX-81 et de l’Oric notamment. J’ai trop de choses, mais je ne vais pas faire des folies que je regretterai plus tard.

    Opérationnels ou non, ils m’accompagneront le reste de mes jours.

    Réorganiser mon sanctuaire

    J’ai un espace de 35 m2 qui est en train d’être complètement réorganisé. En 2016, je pensais me concentrer sur ce qui me plaisait vraiment mais finalement, ma collection 2019 a encore grandi.
    Au niveau des consoles, je suis généreux, et certaines ont déjà défilé jusqu’au parking, mais concernant les ordinateurs, je suis plus strict et ma garde rapprochée consiste essentiellement en mes ZX-81, Spectrum, MSX, Oric, Dragon-64, CPC-6128 + , C-64, Atari 800 et des équipements de poche. (NDLR : Effectivement, il lui manque toujours un Apple II. Si un jour Dan en récupère un, nul doute que les programmes seront adaptés)

    Finalement, je gagne beaucoup d’espace, et c’est tout sauf serré.

    En conclusion

    Quand j’aurai fini, et lorsqu’il me restera que peu de chose, je reprendrai une activité normale dans RetroWiki, parce que … non, je ne quitte pas l’univers du rétrogaming. A partir de 22h30, la famille dort et je passe 2 heures par jour dans le train. Le temps et la santé pour continuer à vous déranger avec mes “briques” pour beaucoup plus longtemps. Je le peux.

    Je n’arrête jamais de programmer sur ZX-81, notamment et bien que je veuille aussi enquêter sur des équipements particulièrement rares ou volumineux, etc. J’ai besoin de temps …

    Basic Videographie sur Oric

    • Lights Out (05/01/2012)
    • Nuclear Invaders (17/02/2013)
    • Galaxy Wars (14/09/2013)
    • Blasto (16/01/2014)
    • 6502 Assembler (20/05/2014)
    • Pipe-Mania (17/01/2015)
    • Space Invasion (21/01/2015)
    • Fungaloids (16/02/2015)
    • DBase II Lite (29/04/2015)
    • Averno (25/3/2019)
    • Solomon’s Key (17/05/2019)

  • Exclusive : An Interview of John S. Sinclair

    Hi, Andre, I’ve been contacted by John Sinclair, who wrote Xenon 1 etc for IJK. Got some interesting information from him and so I asked if he would be willing to do an interview for CEO. He accepted. I’ll cut and paste some of the interesting stuff below. Regards, Steve M.

    (Xenon-1 cassette labels – refers to my Collectors Corner articles)

    From John Sinclair

    Sorry to be the bearer of bad news, but the IJK labels changed from black or blue on white to silver when we made more money and could afford more expensive labels. 9 King street was our first address.

    The pre-production sample of Zorgon is indeed a rare beast. Duplidata was an associated company to IJK. There would have been about 10 produced and some were sent to reviewers in plain boxes. You must have one of these.

    For your info, both Xenon and Zorgon were crossassembled and downloaded to the Oric using a BBC micro with a torch disk drive unit. I was 16 at the time, and getting rather tired of doing games, after a long career of writing BBC games !!!
    My first program was for the Tangerine, a UK ´Appleª made by some of the people that formed Oric.

    [Next …]

    The silver ones were later, when we started to manufacture the cassettes ourselves. They were self-adhesive so we didn’t need a machine to put them on. This is probably why they look early. They probably even rarer, cause we got a machine eventually and I think they went back and white again. The address is the give away. We sold 120,000 copies so plenty of money was made.

    We put all our money into a company called Duplidata as tax was 60% back then, who eventually duplicated disks and distributed for all the big names. I then put mine into Tetra Systems to make stuff for people with disabilities, I then merged with SRS Technology to do the same thing. We floated on Aim two years ago. So not too bad.

    The thing I learned from an early age is the value of a good royalty agreement. I work part time for them now, designing home control hardware (mainly for the fun of it).

    We always cross-compiled our games. It gave a distinct advantage working on new hardware. People forget when seeing Xenon now, when in the life of the Oric it was created. There were no details of firmware or hardware available to us. Oric were linked with Tansoft. This is where the single button thing came from. We found a memory location that changed when the keyboard scan had finished, we used that.

    However Xenon caused quite a stir, and I was whisked down to Oric and given ‘royal’ treatment. Even had a ride in the famous Ferrari. I had a crush on Rosalind Zawadska who was assigned to ‘look’ after me. That’s where Princess Roz came from in Zorgon.

    All Oric were developed on the Beeb. I then went onto C64 games, that were developed on the first PC with a hard drive PC XT. I’m looking for the source code now. I have all the PC stuff (C64), but the Beeb disks I think have gone. I have the original framed art work for the inlays somewhere.

    The movement was smooth because we created 6 animated icons slightly shifted to give pixel movement. This also took up a big chunk of memory, so it wasnít possible to make the games quiet as large and playable as I would have liked. We were also one of the first companies to realise the value of a good game intro and game inlay, as this was just about the only bit of a game that would be seen in a computer dealer. Current games have now taken this to the max.

    If you look at the logo, you’ll find IS JS KS. I’m JS, my uncle Ian is IS and my dad Keith is KS, we were ‘IJK’ the company.

    Glad you enjoyed them. I don’t mind reliving those days one bit. They were FUN!!!

    Cheers
    John S Sinclair